Vous êtes demandeur d’emploi et vous envisagez de créer votre entreprise ? Bonne nouvelle : plusieurs dispositifs d’accompagnement existent pour sécuriser votre transition. Mauvaise nouvelle : le web regorge d’informations obsolètes, notamment sur le NACRE — un dispositif dissous depuis 2017 qui n’existe plus sous sa forme nationale. Ce guide, rédigé par le cabinet Istari Conseil (inscrit à l’Ordre des experts-comptables), fait le point sur les aides réellement disponibles en 2026 : ARE maintenu, ARCE et ACRE.

Pour une vue d’ensemble de toutes les aides à la création, consultez notre article pilier : Aides aux entreprises 2026.

Avant de créer : vérifiez vos droits ARE

Avant toute démarche, il est indispensable de vérifier votre situation vis-à-vis de l’assurance chômage. Deux questions clés :

  • Avez-vous des droits ARE ouverts ? Sans droits ouverts, ni l’ARE maintenu ni l’ARCE ne sont accessibles.
  • Quelle est la date d’ouverture de vos droits ? Les règles de cumul diffèrent selon que vos droits ont été ouverts avant ou à partir du 1er avril 2025.

Prenez rendez-vous avec votre conseiller France Travail avant de déposer votre dossier de création. Un bilan de situation permet d’optimiser le choix entre maintien de l’ARE et ARCE (versement en capital), deux options exclusives l’une de l’autre.

Retrouvez le détail des conditions sur : ARE et création d’entreprise.

L’ARE maintenu pendant la création : comment ça marche

Le maintien de l’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) vous permet de continuer à percevoir une partie de vos allocations pendant que vous développez votre activité. C’est le dispositif de sécurité mensuelle par excellence.

Les règles applicables en 2026

Les règles dépendent de la date d’ouverture de vos droits :

  • Droits ouverts à partir du 1er avril 2025 : le cumul ARE + rémunération est limité à 60 % du reliquat de droits. En pratique, pour chaque mois travaillé, votre ARE est réduite en fonction de ce que vous vous êtes versé en tant que dirigeant. La formule exacte est disponible sur unedic.org.
  • Droits ouverts avant le 1er avril 2025 : les anciennes règles continuent de s’appliquer jusqu’à épuisement de vos droits. Ne tenez pas compte des informations génériques que vous lisez sur le web, qui mélangent souvent les deux régimes.

Obligation déclarative mensuelle

Chaque mois, vous devez déclarer votre situation à France Travail : exercice ou non d’une activité, rémunération perçue. L’absence de déclaration ou une déclaration inexacte peut entraîner un trop-perçu à rembourser, voire des sanctions. Cette déclaration est distincte de votre actualisation habituelle.

Durée du maintien

Le maintien de l’ARE dure jusqu’à épuisement de vos droits. Il n’est pas limité à une période fixe : plus vous percevez de rémunération, plus l’ARE est réduite chaque mois, mais les droits restants sont préservés et reportés.

L’ARCE : toucher 60 % en capital

L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) est une alternative au maintien mensuel de l’ARE : vous choisissez de percevoir une partie de vos droits restants en capital, pour financer le démarrage de votre activité.

Pour une analyse comparative approfondie, consultez : ARCE ou maintien de l’ARE.

Montant et versements

L’ARCE représente 60 % du reliquat de droits ARE au moment de la demande, versés en deux fois :

  1. Premier versement : à la création ou reprise de l’entreprise.
  2. Second versement : six mois après la date de création, sous réserve que l’entreprise soit toujours en activité.

Sur chaque versement, un prélèvement de 3 % est opéré au titre de la retraite complémentaire (source : francetravail.fr).

ARCE ou maintien de l’ARE : comment choisir ?

Critère ARCE (capital) ARE maintenu (mensuel)
Besoin de trésorerie immédiate Oui Non
Visibilité sur les revenus de l’activité Bonne Incertaine
Sécurité en cas de démarrage lent Faible (capital épuisé) Forte (filet mensuel)
Montant total perçu 60 % du reliquat Jusqu’à 100 % du reliquat

L’ARCE convient aux créateurs avec une bonne visibilité sur leur trésorerie et un besoin de capital au démarrage. Le maintien de l’ARE offre une sécurité mensuelle supérieure si le chiffre d’affaires tarde à décoller.

Ces deux options sont mutuellement exclusives. Une fois l’ARCE demandée, il n’est plus possible de revenir au maintien mensuel.

L’ACRE : réduire vos cotisations la première année

L’Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise (ACRE) permet de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant les premiers mois d’activité.

Détail complet des démarches sur : ACRE 2026 : mode d’emploi.

⚠️ L’ACRE n’est PLUS automatique depuis le 1er janvier 2026

Attention : le décret n° 2026-69 a mis fin au caractère automatique de l’ACRE à compter du 1er janvier 2026. Si vous créez votre entreprise depuis cette date, vous devez en faire la demande dans les 60 jours suivant la création.

Procédure :

  • Déposez votre demande auprès de l’URSSAF via le formulaire dédié.
  • L’URSSAF dispose de 30 jours pour répondre. Passé ce délai, le silence vaut accord.

Public éligible

L’ACRE est réservée à des publics spécifiques, notamment (source : urssaf.fr) :

  • Bénéficiaires de l’ARE ou de l’ASS
  • Bénéficiaires du RSA
  • Jeunes de 18 à 25 ans
  • Personnes situées en Quartier Prioritaire de la politique de la Ville (QPV) ou en Zone France Ruralités Revitalisation (ZFRR)
  • Titulaires d’un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE)

Taux d’exonération

Pour les travailleurs non salariés (TNS) : exonération de 25 % des cotisations pendant 12 mois, dans la limite d’une assiette égale à 75 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Au-delà de ce seuil, les cotisations sont dues normalement.

Identifiez les aides auxquelles vous êtes éligible
Notre simulateur recense les dispositifs selon votre situation en quelques clics.
→ Accéder au simulateur aides

NACRE : attention, ce dispositif n’existe plus

Le Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise (NACRE) est régulièrement mentionné sur des sites de référence ou des forums, mais il a été dissous et régionalisé depuis 2017 (source : francetravail.fr). Il n’existe plus sous forme de dispositif national unifié.

Si vous lisez une page qui présente le NACRE comme actif en 2026, l’information est erronée.

Vers qui se tourner à la place ?

Des réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise ont pris le relais et proposent des services similaires :

  • BGE (Boutiques de Gestion pour Entreprendre) : accompagnement à la création et au développement.
  • Initiative France : réseau de financement solidaire et d’accompagnement.
  • Réseau Entreprendre : accompagnement par des chefs d’entreprise bénévoles et financement participatif.

Renseignez-vous auprès de votre conseiller France Travail pour identifier les structures disponibles dans votre territoire.

Le parcours type du créateur demandeur d’emploi

Pour vous aider à vous repérer dans les démarches, voici une chronologie indicative :

  1. Avant la création : rencontrez votre conseiller France Travail. Vérifiez vos droits ARE, discutez du choix ARCE vs maintien. Préparez votre projet (étude de marché, business plan).
  2. Lors de la création (J0) : déposez votre dossier au guichet unique (INPI). Dans les 60 jours, déposez votre demande d’ACRE auprès de l’URSSAF si vous êtes éligible.
  3. Demande d’ARCE (si retenue) : adressez votre demande à France Travail dès l’immatriculation. Préparez les justificatifs (Kbis ou extrait INPI, attestation de création).
  4. Maintien de l’ARE (si retenu) : actualisez chaque mois sur francetravail.fr en déclarant votre activité et votre rémunération.
  5. Suivi comptable et social : conservez l’ensemble des justificatifs de rémunération pour les déclarations France Travail et l’URSSAF.

Un accompagnement par un expert-comptable dès la phase de création permet d’éviter les erreurs de déclaration, qui peuvent avoir des conséquences financières significatives.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler ARE et salaire de dirigeant ?
Oui, pour les droits ouverts à partir du 1er avril 2025 : l’ARE est maintenue mais réduite à hauteur de 60 % du reliquat de droits, en fonction de la rémunération perçue. Vous devez déclarer chaque mois votre activité et votre rémunération à France Travail. Pour les droits ouverts avant cette date, les anciennes règles continuent de s’appliquer.
ARCE ou ARE maintenu : comment choisir ?
L’ARCE est préférable si vous avez besoin d’un capital de démarrage et une bonne visibilité sur votre trésorerie future. Le maintien de l’ARE offre une sécurité mensuelle supérieure si vous anticipez un démarrage progressif du chiffre d’affaires. Ces deux options sont mutuellement exclusives : votre conseiller France Travail peut vous aider à simuler les deux scénarios.
L’ACRE est-elle toujours automatique ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026 (décret n° 2026-69), l’ACRE n’est plus accordée automatiquement. Une demande explicite doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant la création de l’entreprise. L’absence de réponse de l’URSSAF dans les 30 jours vaut accord tacite.
Qu’est-ce que le NACRE ?
Le NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Entreprise) était un dispositif national d’accompagnement et de financement. Il a été dissous et régionalisé depuis 2017 et n’existe plus sous forme nationale. Ne vous fiez pas aux sources qui le présentent encore comme actif. Pour un accompagnement similaire, tournez-vous vers BGE, Initiative France ou Réseau Entreprendre.

Article rédigé par le cabinet Istari Conseil, inscrit à l’Ordre des experts-comptables. Dernière mise à jour : 2 septembre 2026. Les informations présentées sont données à titre indicatif et ne constituent pas un conseil personnalisé.

Sources :

  • Unedic.org — Règles de cumul ARE et rémunération (droits ouverts à partir du 1er avril 2025)
  • Francetravail.fr — ARCE : conditions, montant, versements ; NACRE : historique du dispositif
  • Urssaf.fr — ACRE 2026 : public éligible, taux, procédure (décret n° 2026-69)

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