Cinq leviers légaux permettent d’optimiser la rémunération du dirigeant en 2026 : l’arbitrage salaire/dividendes, le Plan d’Épargne Retraite (PER), les contrats Madelin, les frais professionnels et le compte courant d’associé (CCA). Chaque levier produit des effets distincts selon la forme juridique, le niveau de résultat et la situation personnelle. Pour une approche globale, consultez notre guide complet sur la rémunération du dirigeant en 2026.
Aucun de ces leviers ne fonctionne en silo : leur combinaison, calée sur la réalité de l’exercice, détermine l’efficacité de la stratégie. Istari Conseil, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, accompagne les dirigeants dans cet arbitrage.
Levier 1 : l’arbitrage salaire / dividendes
Le choix entre rémunération salariale et distribution de dividendes est le premier arbitrage à poser, car il conditionne l’assiette de cotisations et la fiscalité personnelle.
En SASU, le président assimilé salarié cotise sur son salaire net (protection sociale complète), tandis que les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % — soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (source : impots.gouv.fr, loi de finances 2026). Aucune cotisation sociale ne s’applique sur les dividendes en SASU, quelle que soit leur montant.
En EURL ou SARL avec gérant majoritaire, la situation est différente : les dividendes qui excèdent 10 % du capital social augmenté des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé sont soumis aux cotisations TNS, au même titre que la rémunération de gérance (art. L131-6 du Code de la sécurité sociale). La règle des 10 % est donc un seuil de déclenchement, pas une limite d’optimisation.
L’arbitrage optimal dépend du taux marginal d’imposition du dirigeant, du niveau de protection sociale souhaité et du résultat de la société. Pour aller plus loin : salaire ou dividendes en 2026 : quel choix ? et charges sociales SASU vs EURL. Sur le régime spécifique des gérants : gérant majoritaire : rémunération, cotisations et dividendes en 2026.
Levier 2 : le Plan d’Épargne Retraite (PER) du dirigeant
Le PER individuel est l’un des leviers de déduction les plus puissants pour les dirigeants, en particulier pour les TNS. En 2026, les plafonds de déduction restent attractifs :
- Règle générale : déduction de 10 % des revenus professionnels nets, avec un minimum de 4 710 € et un plafond de 37 680 €.
- Majoration TNS : les travailleurs non salariés bénéficient d’une majoration de 15 % sur la fraction de revenus comprise entre 1 et 8 fois le PASS (Plafond annuel de la sécurité sociale).
Source : impots.gouv.fr (art. 163 quatervicies du CGI) et BOFiP.
Les versements sont déductibles du résultat imposable de la société si le PER est souscrit à titre personnel par le dirigeant et que la déduction s’impute sur son revenu global. L’effet est double : réduction de l’assiette IR et constitution d’une épargne retraite défiscalisée à l’entrée.
Le choix entre déduction à l’entrée et sortie défiscalisée dépend des anticipations sur le taux marginal futur. L’expert-comptable analyse la projection sur plusieurs années avant de recommander l’enveloppe et les montants de versement.
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Levier 3 : les contrats Madelin pour les TNS
Les contrats Madelin permettent aux travailleurs non salariés de déduire de leurs revenus professionnels les cotisations versées au titre de la retraite complémentaire, de la prévoyance et de la mutuelle santé. Ce dispositif reste distinct du PER, avec des plafonds propres calculés en fonction du PASS.
Les principaux plafonds Madelin en 2026 :
- Retraite : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % sur la fraction entre 1 et 8 PASS.
- Prévoyance : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans la limite de 3 % de 8 PASS.
- Santé : plafond propre lié au PASS.
La déduction s’effectue dans les charges professionnelles du TNS (art. 154 bis du CGI). L’optimisation réelle suppose de calibrer les cotisations en fonction du bénéfice annuel projeté : un versement excédentaire le plafond est non déductible. Le cabinet conseille sur la répartition PER / Madelin et sur le choix des contrats selon le profil de risque et les objectifs de protection sociale.
Levier 4 : les frais professionnels
Les remboursements de frais professionnels constituent un outil d’optimisation immédiat et sans cotisations sociales, à condition de respecter trois critères cumulatifs : les frais doivent être réels (engagés effectivement), justifiés (pièces probantes : factures, notes de frais) et engagés dans l’intérêt de la société.
Exemples courants pour un dirigeant :
- Frais de déplacement (véhicule professionnel ou indemnités kilométriques selon le barème fiscal en vigueur).
- Frais de repas d’affaires avec des tiers (clients, partenaires), documentés.
- Abonnements professionnels, formations, documentation.
- Utilisation professionnelle partielle du domicile (bureau à domicile, quote-part proratisée).
Aucun barème forfaitaire inventé ne tient face à un contrôle fiscal. La société doit disposer d’une politique de remboursement documentée, et le dirigeant d’un système de collecte des justificatifs. En cas de requalification, le remboursement peut être assujetti à l’IR et aux cotisations sociales. Il n’y a pas de plafond légal universel : c’est la réalité et la proportionnalité de la dépense à l’activité qui font foi.
Levier 5 : le compte courant d’associé
Le compte courant d’associé (CCA) est une avance de trésorerie consentie par l’associé à sa société. Les intérêts versés par la société à l’associé sont déductibles du résultat de la société dans la limite du taux de référence trimestriel fixé par le Trésor (taux moyen des obligations des sociétés — taux effectif global pondéré).
Ce mécanisme permet au dirigeant de percevoir un revenu sous forme d’intérêts, soumis au PFU 31,4 %, tout en réduisant l’IS de la société. L’effet de levier est donc double.
Deux points de vigilance :
- Règle des 10 % (gérant majoritaire EURL/SARL) : les sommes laissées en CCA entrent dans la base de calcul du seuil de 10 % pour les dividendes soumis aux cotisations TNS (art. L131-6 CSS). Une augmentation du CCA peut donc élargir la fraction de dividendes cotisable.
- Taux plafond : les intérêts excédant le taux de référence ne sont pas déductibles pour la société et peuvent être requalifiés.
Le CCA est un levier de gestion de trésorerie autant qu’un outil fiscal : il convient de le calibrer en tenant compte de la situation financière de la société et des besoins de liquidités du dirigeant.
Comment construire votre stratégie de rémunération ?
Une stratégie efficace articule ces cinq leviers de manière cohérente, en tenant compte de la forme juridique, du niveau de résultat, du taux marginal d’imposition du foyer fiscal et des objectifs personnels du dirigeant (retraite, protection sociale, transmission).
La démarche recommandée :
- Arrêter le niveau de rémunération nette cible en fonction des besoins du dirigeant et de la trésorerie prévisionnelle de la société.
- Simuler l’arbitrage salaire/dividendes selon la forme juridique, le résultat prévisionnel et le TMI.
- Calibrer les versements PER et Madelin sur la base des plafonds disponibles (historique N-3 inclus pour le PER).
- Documenter rigoureusement les frais pro et établir une note de frais mensuelle ou trimestrielle.
- Évaluer l’opportunité d’un CCA si la société dispose de trésorerie excédentaire et que le dirigeant peut avancer des fonds.
- Réviser la stratégie avant chaque clôture d’exercice et à chaque événement majeur (changement de forme juridique, cession, mariage, naissance).
Chaque situation est unique. L’expert-comptable est l’interlocuteur naturel pour modéliser les scenarii et sécuriser les choix au regard des règles en vigueur.
Questions fréquentes
- La règle des 10 % s’applique-t-elle aux dividendes d’une SASU ?
- Non. En SASU, le président est assimilé salarié : les dividendes sont soumis uniquement au PFU de 31,4 % (IR 12,8 % + PS 18,6 %), sans cotisations sociales, quelle que soit la part du capital social.
- Peut-on cumuler PER et Madelin ?
- Oui. Les enveloppes PER et Madelin sont complémentaires, avec des plafonds distincts mais tous deux liés au PASS. L’expert-comptable optimise la répartition en fonction de la situation personnelle et du niveau de revenu du dirigeant.
- Les remboursements de frais professionnels sont-ils imposables ?
- Non, à condition que les frais soient réels, justifiés par des pièces probantes et engagés dans l’intérêt de la société. Un remboursement sans justificatif ou sans lien avec l’activité peut être requalifié en avantage imposable.
- À quelle fréquence revoir sa stratégie de rémunération ?
- Au minimum une fois par an, idéalement avant la clôture de l’exercice, pour ajuster les leviers (PER, Madelin, dividendes) en fonction du résultat réel. Tout changement majeur — nouvelle forme juridique, augmentation de capital, événement familial — justifie une revue immédiate.
Mis à jour le 2 septembre 2026 · Sources : CGI art. 154 bis et 163 quatervicies, art. L131-6 CSS, impots.gouv.fr (loi de finances 2026), urssaf.fr, BOFiP.


