Mis à jour le 17 septembre 2026 par Istari Conseil, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre.

Reprendre une activité professionnelle après avoir fait valoir ses droits à la retraite est une situation de plus en plus courante chez les indépendants. La réforme des retraites de 2023 a profondément modifié les règles applicables : il est désormais possible de créer de nouveaux droits tout en percevant sa pension. Mais les cotisations sociales, elles, restent dues intégralement.

Deux régimes de cumul emploi-retraite

Depuis la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, le cumul emploi-retraite pour les TNS s’organise autour de deux régimes distincts selon que vous avez ou non atteint le taux plein.

Le cumul libéralisé : retraite à taux plein

Si vous avez liquidé votre retraite à taux plein — soit parce que vous justifiez du nombre de trimestres requis, soit parce que vous avez atteint l’âge d’annulation de la décote (67 ans) — votre cumul est dit libéralisé : vous pouvez cumuler votre pension avec des revenus d’activité sans plafond, quelle que soit la caisse de retraite concernée.

C’est le régime le plus courant pour un TNS qui reprend une mission de conseil, une gérance ou une activité libérale à temps réduit après avoir fait valoir ses droits. Il n’y a pas de limite de ressources, et les revenus d’activité n’affectent pas le montant de la pension déjà liquidée.

Le cumul plafonné : avant le taux plein

Si vous liquidez votre retraite avant d’avoir atteint le taux plein, le cumul est plafonné. La somme de la pension et des revenus d’activité ne peut pas dépasser le montant de votre dernière rémunération d’activité (prise en compte sur les trois derniers mois). En cas de dépassement, la pension est réduite à concurrence.

En pratique, ce régime s’applique rarement aux TNS qui ont généralement intérêt à attendre le taux plein avant de liquider leur retraite, notamment pour éviter la décote.

Des cotisations sociales dues comme n’importe quel TNS

Reprendre une activité professionnelle en tant que travailleur non salarié génère des cotisations sociales dans les mêmes conditions qu’un TNS actif. Il n’existe pas de régime allégé ni d’exonération automatique liée au statut de retraité.

Vous cotisez sur l’ensemble des branches habituelles :

  • Assurance maladie-maternité : taux progressif selon le revenu (de 0 % à 8,5 % selon urssaf.fr, avec un taux réduit sous 20 % du PASS)
  • Retraite de base : 17,75 % dans la limite du PASS (48 060 € en 2026), puis 0,72 % au-delà
  • Retraite complémentaire : selon votre caisse (SSI pour la plupart des TNS, CIPAV pour les professions libérales non réglementées)
  • Invalidité-décès
  • Allocations familiales : taux progressif selon le revenu
  • CSG-CRDS : 9,7 % sur le revenu d’activité (dont 6,8 % déductibles fiscalement)
  • Formation professionnelle

Aucune branche n’est exclue pour le seul fait d’être retraité. Cotiser normalement est aussi la condition pour accumuler les nouveaux droits ouverts depuis 2023 (voir ci-dessous).

L’assiette réformée LFSS 2024

Depuis la réforme d’assiette issue de la LFSS 2024 (décret 2024-688), l’assiette de cotisations TNS est calculée sur le revenu brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Cette règle s’applique de la même façon à un retraité TNS qui reprend une activité.

Pour un revenu brut de 30 000 €, l’assiette retenue est de 30 000 × 74 % = 22 200 €. Les cotisations sont ensuite calculées sur cette base, branche par branche, en fonction de la position de l’assiette par rapport au PASS. Le barème complet 2026 est détaillé dans notre guide de référence.

Exemple chiffré

Un retraité TNS dégage 20 000 € de revenus d’activité en 2026. Assiette réformée : 20 000 × 74 % = 14 800 €. Les cotisations sont calculées sur cette base, à des taux inférieurs au PASS. Le montant varie selon la structure du revenu et la caisse d’affiliation. Notre simulateur TNS 2026 vous donne une estimation branche par branche en quelques secondes.

Création de nouveaux droits depuis la réforme 2023

L’avancée principale de la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 est la possibilité de créer de nouveaux droits à retraite pour les retraités reprenant une activité en cumul libéralisé. Avant cette réforme, les cotisations versées après liquidation n’ouvraient aucun droit supplémentaire : vous cotisiez sans contrepartie retraite.

Depuis, des droits complémentaires peuvent être constitués et liquidés sous les conditions suivantes (selon lassuranceretraite.fr) :

  • Vous devez être en cumul libéralisé (taux plein atteint à la date de liquidation initiale)
  • La reprise d’activité doit avoir duré au moins 6 mois entre la liquidation initiale et la demande de liquidation des nouveaux droits
  • La liquidation complémentaire se fait auprès de la même caisse que la liquidation initiale
  • La nouvelle pension s’ajoute à la pension initiale : il n’y a pas de recalcul de la pension déjà liquidée

Ce mécanisme est particulièrement pertinent pour les indépendants qui poursuivent une activité partielle plusieurs années après leur départ en retraite, en accumulant des trimestres supplémentaires. Comment se calculent les trimestres validés et les droits à retraite du TNS ?

Conditions de liquidation des nouveaux droits

La demande de liquidation des nouveaux droits est facultative et s’effectue à votre initiative auprès de votre caisse de retraite (SSI pour la grande majorité des TNS via lassuranceretraite.fr, CIPAV pour les professions libérales non réglementées). Elle peut intervenir à tout moment dès lors que les 6 mois de reprise d’activité sont écoulés, ou être différée : les droits s’accumulent sans limite de durée.

Il est important de noter que ces nouveaux droits sont liquidés indépendamment de la pension initiale : ils ne remettent pas en cause ce que vous percevez déjà, et constituent une pension complémentaire distincte.

Ce que le cumul emploi-retraite change — et ne change pas

Le cumul emploi-retraite ne change pas :

  • Le niveau de vos cotisations sociales (mêmes taux, même assiette réformée)
  • Votre obligation de vous immatriculer et de déclarer votre activité normalement
  • Les règles du provisionnel et de la régularisation URSSAF (appels provisionnels sur N-2/N-1, régularisation en octobre N+1)

Le cumul emploi-retraite change depuis 2023 :

  • La possibilité de créer de nouveaux droits à retraite (cumul libéralisé uniquement)
  • La stratégie de liquidation peut gagner à être anticipée : liquider à taux plein dès que possible pour basculer en cumul libéralisé et commencer à accumuler de nouveaux droits

Comment Istari Conseil peut vous accompagner

Le cumul emploi-retraite pour un TNS soulève des questions pratiques : quel niveau de revenu déclarer, comment optimiser l’assiette avec la réforme 2024, quand liquider les nouveaux droits, comment arbitrer entre revenu d’activité et protection sociale ? Nos experts-comptables spécialisés dans l’accompagnement des indépendants peuvent vous aider à trancher.

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