Mis à jour le 5 octobre 2026 par Mehdi Idbibane, fondateur d’Istari Conseil.

Vous videz votre dressing sur Vinted depuis deux ans. Les ventes s’accumulent. Puis une notification de la plateforme arrive : vos données seront transmises à l’administration fiscale. C’est le DAC7. Il oblige Vinted à déclarer certains vendeurs.

Mais être déclaré et devoir payer un impôt sont deux choses différentes. C’est précisément ce que confondent la plupart des contenus sur « dac7 vinted ». Cet article dit ce que le relevé Vinted indique vraiment à l’administration — et surtout ce qu’il ne dit pas : si vous êtes passé du simple particulier au vendeur professionnel.

Les seuils DAC7 qui déclenchent la déclaration par Vinted, et ceux qui ne déclenchent rien

Le texte ne fixe pas un seuil d’application. Il fixe un seuil d’exclusion. Vous restez hors du champ de la déclaration si, sur l’année civile et sur une même plateforme, vous réalisez les deux à la fois :

  • moins de 30 ventes ;
  • pour un montant perçu, net des frais, commissions et taxes retenus par la plateforme, n’excédant pas 2 000 €.

Il suffit de franchir un seul des deux seuils pour que Vinted déclare le vendeur. La 30e vente suffit, même pour quelques euros. Un montant net perçu supérieur à 2 000 € suffit aussi, même d’un euro. C’est donc ce que vous avez effectivement perçu qui compte, pas le prix affiché des articles.

Les seuils s’apprécient plateforme par plateforme : 25 ventes sur Vinted et 25 sur Etsy ne déclenchent aucune déclaration, alors que le total dépasse 30. Cela ne change rien à votre qualification fiscale.

Ce seuil est un seuil de transmission d’information, pas un seuil d’imposition. Rien dans ce texte ne dit qu’au-delà de 2 000 € ou de 30 ventes, une somme est due. C’est tout l’objet de cet article : la suite se joue sur un autre texte, avec d’autres critères.

Ce que Vinted transmet exactement, et à qui

Chaque année, Vinted déclare chaque vendeur concerné à l’administration fiscale de l’État membre dont elle relève, qui transmet l’information à l’administration française lorsque vous résidez en France. La déclaration contient :

  • son identification : nom, adresse, numéro fiscal, date de naissance pour un particulier ;
  • le montant total perçu par trimestre, net des frais, commissions et taxes retenus, et le nombre d’opérations correspondant ;
  • les frais, commissions ou taxes retenus par la plateforme, indiqués séparément, et l’identifiant du compte financier crédité, quand Vinted en dispose.

Cette déclaration doit parvenir à l’administration au plus tard le 31 janvier de l’année suivante. Une copie doit aussi vous être adressée, à vous le vendeur, selon le même calendrier.

Ce que cette liste ne contient pas compte tout autant. Pas la nature des articles vendus : vêtements personnels usagés, ou lots achetés pour être revendus, Vinted ne fait pas la différence. Pas leur prix d’achat d’origine. Pas votre intention au moment de l’achat. Vinted transmet un chiffre d’affaires et un nombre de transactions, pas un diagnostic fiscal de votre activité.

Ce que l’administration fait de cette donnée — et ce qu’elle ne peut pas en déduire

Une fois reçue, l’information suit deux chemins.

  • En France : l’administration reçoit ces informations et peut les rapprocher de votre déclaration de revenus.
  • En Europe : c’est l’objet premier de la directive DAC7. Les administrations fiscales des États membres s’échangent automatiquement ces informations, au plus tard le dernier jour de février suivant.

Le dispositif existe pour que la France sache qu’un résident français vend aussi via une plateforme basée ailleurs en Europe, et réciproquement.

Ce que cette donnée brute ne permet pas, à elle seule : dire si vos ventes relevaient de la gestion de votre patrimoine privé, ou d’une activité commerciale. Un relevé qui affiche 2 400 € sur 45 ventes ne distingue pas une personne qui a vidé un appartement familial d’une personne qui achète des lots pour les revendre.

C’est le critère suivant qui tranche, pas le relevé.

Le moment où vous devenez vendeur professionnel, et ce que ça change

La frontière ne se situe pas au niveau des seuils DAC7. Elle se situe sur un terrain plus ancien : celui de l’activité commerciale. Le critère légal est l’achat de biens meubles pour les revendre (article L.110-1 du Code de commerce), apprécié avec le caractère habituel des ventes.

Si vous achetez régulièrement des biens pour les revendre, l’activité relève des bénéfices industriels et commerciaux, quel que soit le montant et même sous les seuils DAC7.

À l’inverse, vendre des objets que vous avez possédés et utilisés n’est en principe pas imposable tant que le prix de cession ne dépasse pas 5 000 € (article 150 UA du CGI). Et cela même au-delà de 2 000 € ou de 30 ventes, même avec un relevé Vinted à votre nom.

  • Les plus-values sur biens meubles, hors métaux précieux, sont exonérées lorsque le prix de cession ne dépasse pas 5 000 €, apprécié cession par cession.
  • Les meubles meublants, appareils électroménagers et automobiles sont exonérés par nature, quel que soit leur prix (hors objets d’art, de collection ou d’antiquité ayant fait l’objet d’une option).

Si vous avez déjà reçu un relevé Vinted : que faire maintenant

Trois vérifications, dans cet ordre.

  1. Regardez la nature de ce que vous avez vendu. Des objets qui vous ont appartenu et que vous avez utilisés plaident pour le patrimoine privé. Des lots achetés pour être revendus, même occasionnellement, plaident pour une activité commerciale, quel que soit le montant.
  2. Ne laissez pas le relevé sans réponse en cas de doute sur l’habitude ou l’intention. L’administration dispose déjà de l’information : l’absence de démarche de votre part ne règle rien.
  3. Rapprochez vos relevés si vous vendez aussi sur d’autres plateformes, avant qu’un écart ne soit repéré de l’autre côté.

C’est un exercice que nous faisons systématiquement lors d’un premier rendez-vous avec un vendeur en ligne.

Vous avez reçu un relevé Vinted et vous ne savez pas de quel côté de la frontière vous êtes ?

Notre simulateur DAC7 vous aide à vérifier en quelques minutes si vos ventes relèvent de la gestion de votre patrimoine privé ou d’une activité professionnelle à déclarer.

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Questions fréquentes

Si je reçois un relevé DAC7 de Vinted, est-ce que je dois automatiquement payer un impôt ?

Non. Le relevé informe l’administration d’un volume d’activité, il ne qualifie pas cette activité. Si vos ventes concernent des biens personnels usagés, vendus sans intention d’achat-revente, elles restent en principe exonérées même au-delà des seuils DAC7. Sous réserve de ne pas dépasser 5 000 € par cession.

Qu’est-ce qui fait basculer un vendeur Vinted du statut de particulier à celui de professionnel ?

Ce n’est pas un seuil en euros : c’est l’achat dans le but de revendre, avec un caractère habituel. Dans ce cas, l’activité est imposable sans seuil de chiffre d’affaires. Vendre ce que vous possédiez déjà et utilisiez vous-même ne constitue pas, par nature, une activité commerciale.

Est-ce que Vinted transmet à l’administration la nature des articles que j’ai vendus ?

Non. La déclaration porte sur un montant total par trimestre, net des frais retenus, et un nombre d’opérations. Pas sur la nature, l’état ou le prix d’achat d’origine des articles. C’est vous qui êtes le mieux placé pour établir cette distinction, pas la plateforme.

Je vends aussi sur Amazon, Etsy ou en Shopify : ce raisonnement change-t-il ?

Le critère patrimoine privé / activité professionnelle est le même quelle que soit la plateforme. En revanche, les seuils DAC7 (appréciés plateforme par plateforme), le calendrier des relevés et des cas particuliers comme une boutique Shopify en propre sont traités en détail dans notre guide complet DAC7 pour vendeurs en ligne.

Que faire si je pense que mes ventes ne devraient pas être imposées en activité professionnelle ?

Rassemblez la preuve que les biens vendus vous appartenaient, et que vous ne les aviez pas achetés pour les revendre : factures d’achat d’origine, ancienneté de possession, absence de stock. Mieux vaut clarifier ce point avec un professionnel avant la déclaration de revenus, plutôt qu’après un contrôle.

Parlons de votre situation

Si le simulateur laisse un doute sur la frontière entre patrimoine privé et activité professionnelle, trente minutes suffisent pour trancher et préparer votre déclaration. Sans engagement.

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Istari Conseil, Paris et Lisbonne. Cet article informe et démontre ; il ne remplace pas une consultation adaptée à votre situation.

Sources vérifiées (consultées les 02/10 et 05/10/2026)

  1. Directive (UE) 2021/514 du Conseil du 22 mars 2021 (DAC7), applicable depuis le 1er janvier 2023 — EUR-Lex : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/ALL/?uri=CELEX:32021L0514
  2. Code général des impôts, articles 1649 ter A à 1649 ter E (déclaration des opérateurs de plateforme) — Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069577/LEGISCTA000044936277/
  3. Code général des impôts, article 1649 ter A (contenu de la déclaration, délai du 31 janvier) — Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044936377
  4. impots.gouv.fr, « Revenus de plateformes collaboratives » (seuils de 2 000 € et 30 opérations, mention dans le parcours déclaratif) : https://www.impots.gouv.fr/revenus-de-plateformes-collaboratives-0
  5. impots.gouv.fr, « Transfert d’informations en application des dispositifs DPI-DAC7 » (échange automatique entre administrations au plus tard le dernier jour de février) : https://www.impots.gouv.fr/transfert-dinformations-en-application-des-dispositifs-dpi-dac7-plateformes-deconomie-collaborative
  6. BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-10-10, § 10 (reprise de l’article L.110-1, 1° du Code de commerce : achat de biens meubles pour les revendre) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2671-PGP.html/identifiant=BOI-BIC-CHAMP-10-10-20120912
  7. Code général des impôts, article 150 UA, II (exonération des plus-values sur biens meubles dont le prix de cession est inférieur ou égal à 5 000 € ; exonération par nature des meubles meublants, appareils ménagers et automobiles) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037988296
  8. BOFiP, BOI-INT-AEA-30, § 20 (contrepartie nette des frais, commissions et taxes retenus) et BOI-INT-AEA-30-10, § 310 (seuil apprécié par plateforme et par année civile) ; CGI, articles 1649 ter A, II et 1649 ter C : https://bofip.impots.gouv.fr/
  9. BOFiP, BOI-RPPM-PVBMC-10, § 60 et § 100 (ventes habituelles et d’un montant significatif relevant des BIC ; plafond de 5 000 € apprécié cession par cession) : https://bofip.impots.gouv.fr/
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