Mis à jour : 3 septembre 2026
IS à 25 % (ou 15 % sur les premiers 42 500 €) ou IR selon le barème progressif : le choix du régime fiscal de votre société a un impact direct sur votre imposition personnelle et celle de l’entreprise. Voici les règles 2026 et les situations où chaque option est pertinente.
Pour aller plus loin sur la stratégie globale de rémunération, consultez notre guide complet sur la rémunération du dirigeant en 2026.
Les taux de l’impôt sur les sociétés (IS) en 2026
L’impôt sur les sociétés (IS) est payé directement par la société sur ses bénéfices. En 2026, deux taux coexistent :
| Fraction de bénéfice imposable | Taux IS | Conditions |
|---|---|---|
| Jusqu’à 42 500 € | 15 % (taux réduit) | CA HT ou total bilan ≤ 10 M€ et capital libéré, détenu à ≥ 75 % par des personnes physiques |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % (taux normal) | Applicable à toutes les sociétés à l’IS |
Point important : le taux réduit de 15 % ne s’applique pas automatiquement. La société doit remplir les deux conditions cumulatives : un chiffre d’affaires hors taxes ou un total bilan inférieur à 10 millions d’euros, et un capital social entièrement libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques (article 219, I-b du CGI).
En IS, les bénéfices réinvestis dans la société ne sont pas imposés au niveau du dirigeant. Ce n’est que lors de la distribution de dividendes qu’une imposition personnelle s’ajoute (prélèvement forfaitaire unique à 30 % ou barème IR sur option).
Qui est soumis à l’IR par défaut ?
Certaines formes juridiques sont soumises à l’impôt sur le revenu par défaut, sans option nécessaire : les sociétés en nom collectif (SNC), les sociétés civiles immobilières (SCI) non soumises à l’IS, les sociétés civiles de moyens (SCM), ou encore les sociétés en participation.
En régime IR, les bénéfices de la société remontent directement dans la déclaration personnelle de chaque associé, proportionnellement à sa part dans le capital, qu’ils soient distribués ou non. L’imposition se fait selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, dans la catégorie correspondant à l’activité (BIC, BNC, BA).
Cas particulier de l’EURL : l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée est soumise à l’IS par défaut depuis 2009, mais peut opter pour l’IR (sous conditions, voir ci-dessous). La SASU, de son côté, est toujours à l’IS, avec possibilité d’option IR temporaire.
L’option IR temporaire pour les sociétés à l’IS (art. 239 bis AB CGI)
Depuis la loi de modernisation de l’économie de 2008, les sociétés normalement soumises à l’IS (SARL, SAS, SA, SASU, EURL) peuvent opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes, c’est-à-dire une imposition directe des bénéfices à l’IR entre les mains des associés.
Conditions cumulatives pour exercer l’option (art. 239 bis AB CGI) :
- La société a été créée depuis moins de 5 ans (l’option ne peut couvrir que les 5 premiers exercices)
- Elle emploie moins de 50 salariés (en équivalent temps plein moyen annuel)
- Son chiffre d’affaires hors taxes annuel ou son total bilan est inférieur à 10 millions d’euros
- Elle n’est pas cotée sur un marché réglementé
- Son capital et ses droits de vote sont détenus à au moins 50 % par des personnes physiques
- Au moins 34 % du capital et des droits de vote sont détenus par des personnes exerçant une fonction de direction au sein de la société (président, directeur général, gérant, membre du directoire ou du conseil de surveillance) ou par des membres de leur foyer fiscal
- Elle exerce une activité opérationnelle : industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale (la simple gestion de patrimoine est exclue)
Modalités pratiques :
- L’option doit être approuvée à l’unanimité des associés
- Elle doit être notifiée au service des impôts dans les 3 mois du premier exercice auquel elle s’applique
- Elle est valable pour une durée maximale de 5 exercices consécutifs
- Elle est non renouvelable : une fois l’option abandonnée ou arrivée à son terme, la société ne peut pas en bénéficier à nouveau
Cette option est utilisée notamment par de jeunes SARL ou SASU en phase de démarrage, dont les associés souhaitent imputer d’éventuels déficits des premières années sur leur revenu global. Elle fait l’objet d’une vigilance accrue de la part de l’administration fiscale.
Voir aussi notre comparatif détaillé : SASU ou EURL : le comparatif fiscal et social complet 2026.
La SARL de famille à l’IR (art. 239 bis AA CGI)
La SARL de famille est un régime distinct, réservé aux SARL dont tous les associés appartiennent au même cercle familial. Elle permet d’opter pour l’IR de façon permanente, sans limite de durée.
Conditions pour bénéficier du régime (art. 239 bis AA CGI) :
- Lien familial entre tous les associés : la société doit être constituée uniquement entre personnes liées en ligne directe (parents, enfants, grands-parents, sans limitation de degré), entre frères et sœurs, ou entre conjoints et partenaires de PACS. Les concubins non pacsés sont exclus, même en présence d’enfants communs
- Activité éligible : industrielle, commerciale, artisanale ou agricole (les activités libérales et la gestion de patrimoine sont exclues)
- Unanimité des associés : l’option doit être approuvée par l’ensemble des associés
Caractéristiques de l’option :
- Durée illimitée, tant que le cercle familial reste intact et que les conditions sont remplies
- Pas de contrainte sur l’ancienneté de la société, ni sur le nombre de salariés ou le chiffre d’affaires
- Applicable uniquement aux SARL (et non aux SAS ou SA)
Principal intérêt : les déficits générés par la société sont directement imputables sur le revenu global des associés, ce qui peut être particulièrement avantageux en phase de démarrage ou lors d’exercices déficitaires (notamment en location meublée professionnelle). À l’inverse, en cas de bénéfices importants, l’imposition au barème progressif peut devenir plus lourde qu’un IS à 15 % ou 25 %.
IS ou IR : quel régime est plus avantageux ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Le choix dépend de plusieurs paramètres propres à votre situation.
L’IS est généralement préférable lorsque :
- Vous réinvestissez une large partie des bénéfices dans la société (en IS, les profits non distribués ne sont pas imposés au niveau personnel)
- La société est rentable et vous souhaitez piloter le niveau de votre rémunération pour optimiser votre TMI personnelle
- Vous êtes dans une tranche marginale d’IR élevée (41 % ou 45 %) : le taux IS à 15 % ou 25 % est alors mécaniquement plus faible
- Vous souhaitez capitaliser dans la société en vue d’une cession (la plus-value de cession sera traitée séparément)
L’IR peut être intéressant lorsque :
- La société génère des déficits en phase de démarrage, que vous souhaitez imputer sur votre revenu global
- Votre TMI personnelle est faible (0 % ou 11 %), ce qui rend l’IR moins pénalisant que l’IS
- Vous êtes dans une structure familiale éligible à la SARL de famille
- Vous distribuez l’intégralité des bénéfices chaque année (dans ce cas, l’avantage IS s’érode car s’y ajoute l’imposition des dividendes)
Un point souvent négligé : en IS, la rémunération du dirigeant est déductible du résultat de la société, ce qui réduit l’assiette IS. En IR, tous les bénéfices sont imposés à l’IR, rémunération ou non. La comparaison doit donc intégrer la stratégie de rémunération globale.
Pour estimer l’impact selon votre profil, notre simulateur vous permet de comparer les deux régimes :
Simuler ma rémunération et comparer IS / IR →
Consultez également nos exemples chiffrés de rémunération à 30k, 50k et 100k€ pour voir l’impact concret selon différentes situations.
Dans tous les cas, le choix entre IS et IR est une décision structurante. Il est recommandé de le valider avec votre expert-comptable, qui pourra modéliser les deux scénarios avec les données réelles de votre société.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre IS et IR pour une société ?
L’impôt sur les sociétés (IS) est payé par la société elle-même (25 % ou 15 % sur les premiers 42 500 €). L’impôt sur le revenu (IR) est payé directement par les associés, selon leur tranche marginale. En IS, les bénéfices réinvestis ne sont pas imposés personnellement ; en IR, tous les bénéfices sont imposés même non distribués.
Une SARL peut-elle opter pour l’IR ?
Oui, de deux façons. La SARL classique peut opter pour l’IR pendant 5 ans maximum (option non renouvelable, art. 239 bis AB CGI), sous conditions (moins de 5 ans, moins de 50 salariés, capital détenu à au moins 50 % par des personnes physiques). La SARL de famille (parents en ligne directe ou collatérale, conjoints ou partenaires de PACS) peut opter pour l’IR de façon permanente (art. 239 bis AA CGI).
Le taux réduit d’IS à 15 % s’applique-t-il automatiquement ?
Non. Le taux réduit de 15 % s’applique sur les premiers 42 500 € de bénéfice uniquement si la société remplit les conditions : CA HT ou total bilan inférieur ou égal à 10 M€, et capital libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques (art. 219, I-b CGI).
IS ou IR : quel est le meilleur choix pour un dirigeant ?
Le choix dépend de votre situation : si vous réinvestissez les bénéfices dans la société, l’IS est souvent plus avantageux car les profits non distribués ne sont pas imposés à l’IR. Si vous avez une TMI faible (0 % ou 11 %), l’IR peut être intéressant. Notre simulateur de rémunération vous aide à comparer les deux régimes selon votre profil.
Sources : article 219 CGI (taux IS), article 239 bis AB CGI (option IR temporaire), article 239 bis AA CGI (SARL de famille), BOFiP BOI-BIC-CHAMP-70-20-30, impots.gouv.fr.


