Ce que vous devez savoir en une minute
Trois statuts s’offrent au conjoint ou partenaire PACS du dirigeant qui participe à l’activité de l’entreprise : conjoint collaborateur, conjoint salarié ou conjoint associé. Chacun entraîne des droits sociaux, une fiscalité et des obligations distinctes. Attention : depuis la loi du 14 février 2022, le statut de conjoint collaborateur est limité à 5 ans. Les anciens statuts (antérieurs au 1er janvier 2022) doivent être régularisés avant le 31 décembre 2026.
Mis à jour le 16 septembre 2026 par Istari Conseil, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre. Source réglementaire : urssaf.fr (réforme conjoint collaborateur) + loi n° 2022-172 du 14 février 2022.
Tableau comparatif des trois statuts
| Critère | Collaborateur | Salarié | Associé |
|---|---|---|---|
| Rémunération | Non obligatoire | Salaire + bulletin de paie | Dividendes (si bénéfices) |
| Contrat | Aucun | Contrat de travail | Statuts de la société |
| Cotisations sociales | À la charge du chef d’entreprise | Patronales + salariales | TNS ou assimilé salarié selon rôle |
| Retraite | Droits propres | Régime général + Agirc-Arrco | Selon le statut exercé |
| Durée | 5 ans maximum | Illimitée | Illimitée |
| Protection chômage | Non (ATI possible) | Oui (assurance chômage) | Non (ATI si conditions) |
Le statut de conjoint collaborateur (≤ 5 ans depuis 2022)
Le conjoint collaborateur participe régulièrement à l’activité sans être rémunéré. Il est affilié à l’URSSAF en tant que tel et cotise pour ses propres droits sociaux (retraite, invalidité-décès, IJ). Les cotisations sont à la charge du chef d’entreprise et sont déductibles de son bénéfice professionnel.
Durée maximale de 5 ans
La loi du 14 février 2022 (art. L121-4 du Code de commerce) limite ce statut à 5 ans depuis le 1er janvier 2022. À l’issue, le conjoint doit choisir un autre statut : salarié, associé, ou ne plus participer à l’activité.
Période transitoire : les statuts de conjoint collaborateur existants avant le 1er janvier 2022 bénéficient d’une période de transition jusqu’au 31 décembre 2026. Sans démarche, le conjoint bascule automatiquement en statut de conjoint salarié à cette date. Source : urssaf.fr, vérifié au 16/09/2026.
Options d’assiette de cotisation
Le conjoint collaborateur dispose de cinq options pour l’assiette de ses cotisations :
- 1/3 du revenu du chef d’entreprise ;
- 1/2 du revenu du chef d’entreprise ;
- 1/3 du PASS (48 060 € en 2026, soit 16 020 €) ;
- 1/2 du PASS (24 030 €) ;
- Revenu réel (si une rémunération est versée).
Le choix est valable 3 ans, renouvelé tacitement. Tout changement doit être notifié avant le 1er décembre pour effet au 1er janvier suivant.
Le statut de conjoint salarié
Le conjoint salarié a un contrat de travail avec l’entreprise. C’est le statut qui offre la meilleure protection sociale : couverture chômage, congés payés, droit du travail. En contrepartie :
- Le salaire doit correspondre à un travail effectif et réel ;
- Des charges patronales et salariales s’appliquent (régime général) ;
- La déductibilité du salaire est conditionnée (voir ci-dessous).
Déductibilité du salaire selon le régime fiscal
| Régime de la société | Déductibilité du salaire du conjoint |
|---|---|
| Société à l’IS (EURL, SASU, SARL…) | Intégralement déductible si travail réel |
| EI ou société de personnes à l’IR — régime réel, adhérent OGA | Intégralement déductible |
| EI ou société de personnes à l’IR — régime réel, non adhérent OGA | Limitée à 17 500 € (mariés sous régime de communauté) |
| Micro-entreprise | Pas de déduction (bénéfice net = CA × abattement, charges non individualisées) |
L’adhésion à un organisme de gestion agréé (OGA), proposée notamment par les cabinets d’expertise comptable comme Istari Conseil, lève la limite de déductibilité.
Le statut de conjoint associé
Le conjoint peut entrer au capital de la société comme associé ou actionnaire. Il perçoit alors des dividendes en proportion de ses parts. Ce statut présente des avantages patrimoniaux (autonomie financière, transmission) mais aussi des risques :
- Les dividendes ne sont versés que si la société dégage des bénéfices distribuables ;
- L’associé ne bénéficie pas de la protection salariale ;
- En SARL, le régime social du conjoint associé dépend du niveau de participation et du statut exercé (TNS si gérant majoritaire).
La fiscalité des dividendes reste celle de droit commun : PFU 31,4 % (ou barème + abattement 40 %). Voir notre article salaire ou dividendes.
Notre simulateur calcule votre revenu net en fonction de votre statut, y compris les options de rémunération du conjoint.
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Quel statut choisir ? Les 3 situations types
Conjoint très impliqué dans l’activité, pas de rémunération immédiate possible
→ Conjoint collaborateur, le temps de dégager de la trésorerie. À régulariser avant 5 ans.
Conjoint avec un rôle défini (commercial, administratif…), protection souhaitée
→ Conjoint salarié avec contrat de travail. Solution la plus protectrice, compatible avec les droits au chômage.
Conjoint investisseur, intéressé au capital
→ Conjoint associé, avec des clauses d’entrée négociées (valorisation, droits de vote). Utile en phase de développement ou de transmission.
Maillage et ressources complémentaires
- Guide complet : rémunération du dirigeant 2026
- Salaire ou dividendes : que choisir en 2026 ?
- Les leviers d’optimisation de la rémunération
- Conjoint collaborateur : cotisations sociales et statut (angle TNS)
Sources : loi n° 2022-172 du 14 février 2022 (réforme conjoint collaborateur) ; art. L121-4 Code de commerce (Légifrance) ; urssaf.fr ; BOFiP. Rédigé par Istari Conseil, cabinet d’expertise comptable. Ne constitue pas un conseil individualisé.


