Mis à jour le 14 septembre 2026 par Istari Conseil, cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre.
Le plan d’épargne retraite (PER) est aujourd’hui le principal outil d’épargne-retraite déductible pour les dirigeants. Il se distingue par deux caractéristiques importantes : un plafond de déduction fiscale élevé et, pour les travailleurs non salariés (TNS), une majoration spécifique qui permet de déduire davantage que les assimilés salariés au même niveau de revenu.
Le plafond de déduction général 2026
Le plafond annuel de déduction des versements sur un PER individuel est calculé en fonction des revenus professionnels de l’année précédente (N-1) :
- 10 % des revenus professionnels nets de l’année N-1 ;
- avec un minimum de 4 710 € (10 % du PASS 2026 = 48 060 €, selon l’arrêté du 22 décembre 2025 et urssaf.fr) ;
- avec un maximum de 37 680 € (10 % de 8 fois le PASS 2026).
Ce plafond s’applique à tous les contribuables, qu’ils soient salariés, TNS, assimilés salariés ou retraités. Les versements dans la limite de ce plafond sont déductibles du revenu imposable (selon impots.gouv.fr et BOFiP).
La majoration spécifique aux TNS (travailleurs non salariés)
Les TNS — gérants majoritaires d’EURL/SARL, entrepreneurs individuels, professions libérales — bénéficient d’un plafond complémentaire :
15 % de la fraction des revenus professionnels compris entre 1 PASS (48 060 €) et 8 PASS (384 480 €).
Cette majoration s’ajoute au plafond général de 10 %. Elle compense l’absence de versements patronaux sur un plan d’épargne salariale, dont ne bénéficient pas les TNS.
Exemple de calcul (TNS avec 100 000 € de revenus professionnels)
- Plafond général : 10 % × 100 000 = 10 000 €
- Majoration TNS : 15 % × (100 000 − 48 060) = 15 % × 51 940 = 7 791 €
- Plafond total TNS : 17 791 €
Un assimilé salarié (président de SASU) au même revenu pourrait déduire seulement 10 000 €.
Entrez votre revenu et votre TMI pour estimer l’économie fiscale d’un versement PER au maximum du plafond.
Tester le simulateur rémunération →
Le report des plafonds non utilisés (5 ans)
L’un des atouts souvent méconnus du PER : les plafonds non utilisés au cours des 3 années précédentes peuvent être reportés et utilisés l’année en cours, en plus du plafond de l’année N. La règle : vous pouvez cumuler les plafonds des 3 dernières années non utilisés (N-3, N-2, N-1) sur l’année en cours (N).
Concrètement, un dirigeant qui n’a pas versé sur son PER depuis 3 ans peut effectuer un versement massif une année donnée en rattrapant jusqu’à 4 années de plafonds. Cette stratégie est particulièrement utile lors d’une bonne année fiscale, pour réduire significativement l’IR.
PER et contrats Madelin : ce qui change
Les contrats Madelin (prévoyance, retraite, santé pour TNS) ont été progressivement remplacés par le PER depuis la loi PACTE (2019). Les principales différences :
| Critère | PER individuel | Contrat Madelin |
|---|---|---|
| Sortie | Capital ou rente (au choix à la retraite) | Rente viagère uniquement |
| Déblocage anticipé | Achat résidence principale, accidents de vie | Très limité |
| Nouveaux contrats | Oui (conseillé) | Non (fin de commercialisation) |
| Migration | Possible depuis un Madelin | — |
Pour les contrats Madelin en cours, une conversion en PER est possible et souvent avantageuse — à étudier avec votre conseiller en gestion de patrimoine ou votre expert-comptable.
Quand et combien verser sur son PER ?
Il n’y a pas de règle universelle. Quelques repères :
- Verser au minimum chaque année pour ne pas « gâcher » le plafond : les plafonds se reportent 3 ans, mais la 4e année, le plafond N-4 tombe.
- Verser davantage les bonnes années : le PER permet de lisser la charge fiscale entre les années hautes et basses.
- Utiliser le plafond TNS en priorité : c’est un avantage fiscal que les assimilés salariés n’ont pas.
- Ne pas excéder les plafonds : les versements au-delà ne sont pas déductibles et peuvent déclencher une majoration d’IS ou d’IR.
Pour les dirigeants TNS, le PER s’articule avec les cotisations Madelin de prévoyance (si le contrat est encore actif) : le plafond global doit tenir compte de l’ensemble des versements. Pour un panorama complet des leviers : Les leviers d’optimisation de la rémunération du dirigeant.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de déduction du PER pour un dirigeant en 2026 ?
10 % des revenus professionnels N-1, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Pour les TNS, une majoration de 15 % sur la fraction de revenus entre 1 et 8 PASS s’ajoute. Source : impots.gouv.fr et BOFiP (révisé 2026).
Un TNS peut-il déduire plus que le plafond général ?
Oui. La majoration de 15 % sur la tranche 1-8 PASS permet au TNS de déduire davantage. À 100 000 € de revenus, un TNS peut déduire environ 17 791 € contre 10 000 € pour un assimilé salarié.
Peut-on reporter les plafonds PER non utilisés ?
Oui. Les plafonds non utilisés des 3 années précédentes peuvent être cumulés avec le plafond de l’année en cours. Une bonne stratégie pour les années de revenus exceptionnels.
PER ou contrat Madelin : quelle différence pour un TNS en 2026 ?
Le PER offre une sortie en capital (les Madelin ne permettent que des rentes) et un déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale. Pour les nouveaux versements, le PER s’impose. Les contrats Madelin en cours peuvent être convertis en PER.
La déduction PER est-elle plus avantageuse pour un TNS que pour un salarié ?
Oui, grâce à la majoration de 15 % sur la tranche 1-8 PASS. À 80 000 € de revenus, un TNS peut déduire environ 12 800 € contre 8 000 € pour un assimilé salarié. L’avantage est significatif aux revenus intermédiaires et élevés.
Istari Conseil — cabinet d’expertise comptable inscrit à l’Ordre, Paris & Lisbonne. Guide complet de la rémunération du dirigeant 2026 →


