Mis à jour le 15 septembre 2026 par Istari Conseil

Le compte courant d’associé est souvent méconnu comme levier de rémunération. Pourtant, il offre une flexibilité réelle au dirigeant : mettre des fonds à disposition de sa société, percevoir des intérêts fiscalement encadrés, et ajuster ses retraits à sa trésorerie personnelle. Tour d’horizon des règles applicables en 2026 et des leviers d’optimisation à connaître. Retrouvez l’ensemble des stratégies dans notre guide complet de la rémunération du dirigeant 2026.

Qu’est-ce que le compte courant d’associé ?

Le compte courant d’associé (CCA) est un mécanisme par lequel un associé met des fonds à disposition de sa société sous forme de prêt. La société devient ainsi débitrice envers son associé, qui dispose d’une créance inscrite à son bilan. Ce solde créditeur peut faire l’objet d’une rémunération sous forme d’intérêts.

Concrètement, l’associé inscrit une somme au crédit de son compte courant — en laissant en compte une partie de sa rémunération, en versant directement des fonds, ou en ne retirant pas des dividendes déjà décidés. La société utilise cette trésorerie pour financer son exploitation et verse, en contrepartie, des intérêts à l’associé.

À la différence d’un apport en capital, le CCA peut être remboursé à tout moment (sauf clause statutaire contraire). C’est cette souplesse qui en fait un outil de gestion de trésorerie efficace pour le dirigeant.

Les intérêts déductibles : le taux de référence 2026

Pour être fiscalement déductibles du résultat imposable de la société, les intérêts versés sur un compte courant d’associé doivent respecter deux conditions posées par l’article 39-1 3° du Code général des impôts (CGI) :

  1. Le capital social doit être entièrement libéré.
  2. Le taux appliqué ne doit pas excéder le taux de référence fiscal publié chaque trimestre par l’administration fiscale.

Pour les exercices clos au 31 décembre 2025, ce taux de référence s’établit à 4,55 % (source : BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30, mise à jour du 28 janvier 2026). Toute fraction d’intérêts excédant ce plafond est réintégrée dans le résultat imposable de la société et perd son caractère déductible.

Ce taux est actualisé chaque trimestre. Avant tout versement d’intérêts, consultez le BOFiP pour la valeur en vigueur à la date de clôture de votre exercice.

Fiscalité des intérêts pour l’associé

Du côté de l’associé, les intérêts perçus sur un compte courant sont imposés en tant que revenus de capitaux mobiliers (RCM). Leur traitement fiscal est identique à celui des dividendes classiques (source : service-public.gouv.fr) :

  • Prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux.
  • Option au barème progressif : sur option globale lors de la déclaration de revenus, l’associé peut intégrer les intérêts dans son revenu imposable avec un abattement de 40 %, de la même façon que pour les dividendes.

Un avantage notable : contrairement aux dividendes versés à un gérant majoritaire soumis aux cotisations TNS au-delà du seuil de 10 %, les intérêts de CCA ne supportent aucune cotisation sociale TNS. Ils sont soumis aux seuls prélèvements sociaux inclus dans le PFU.

Pour une comparaison complète entre salaire, dividendes et intérêts de CCA : Salaire ou dividendes en 2026 : comment choisir ?

Compte courant d’associé et règle des 10 % sur les dividendes

La règle des 10 %, prévue par l’article L131-6 du Code de la sécurité sociale (CSS) (Légifrance), soumet aux cotisations TNS la fraction des dividendes versés à un gérant majoritaire de SARL qui excède 10 % d’une assiette de référence. Cette assiette comprend :

  • Le capital social
  • Les primes d’émission
  • Les sommes versées en compte courant d’associé

En pratique, plus le solde du CCA est élevé, plus l’assiette de 10 % est large, et plus le gérant peut percevoir des dividendes sans cotisations TNS. C’est un levier d’optimisation à part entière.

Exemple simplifié : un gérant avec 50 000 € de capital libéré et 30 000 € en compte courant dispose d’une assiette de 80 000 €. Le seuil de 10 % s’établit à 8 000 €. En dessous de ce montant, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations TNS.

Ce levier doit cependant être manié avec précaution : les sommes laissées en compte courant restent dans la société et ne sont pas immédiatement disponibles en trésorerie personnelle. Il convient d’arbitrer entre le rendement des intérêts (plafonné au taux de référence) et le gain potentiel sur les cotisations TNS.

Pour en savoir plus : Dividendes du gérant majoritaire : cotisations et règle des 10 % · Gérant majoritaire de SARL : rémunération et dividendes en 2026.

Avantages et limites du CCA comme outil de rémunération

Avant d’intégrer le compte courant d’associé dans votre stratégie de rémunération, voici un bilan objectif.

Avantages

  • Flexibilité : l’associé peut retirer les fonds selon sa trésorerie personnelle, sans décision d’assemblée ni délai.
  • Pas de cotisations sociales TNS : les intérêts échappent aux cotisations, contrairement aux dividendes excédentaires ou à la rémunération de gérance.
  • Documentation simple : une convention de compte courant (recommandée) et une comptabilisation en compte 455 du plan comptable général suffisent.
  • Optimisation du seuil de 10 % : le solde du CCA entre dans l’assiette de référence, ce qui peut réduire les cotisations TNS sur les dividendes.

Limites

  • Taux plafonné : le rendement des intérêts déductibles est limité au taux de référence fiscal (4,55 % pour les exercices clos au 31/12/2025).
  • Rémunération modeste en absolu : pour des besoins de revenus importants, le CCA ne remplace ni un salaire ni des dividendes significatifs.
  • Suivi comptable indispensable : chaque avance doit être tracée et les intérêts calculés et justifiés à la clôture de l’exercice.
  • Capital social libéré : la déductibilité est conditionnée à la libération totale du capital social.

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Questions fréquentes sur le compte courant d’associé

Le compte courant d’associé est-il obligatoirement rémunéré ?

Non, la rémunération du CCA est facultative. L’associé peut choisir de laisser ses fonds à disposition de la société sans percevoir d’intérêts. La rémunération est simplement une option fiscalement encadrée par l’article 39-1 3° du CGI.

Que se passe-t-il si le taux appliqué dépasse le taux de référence fiscal ?

La fraction d’intérêts excédant le taux de référence est réintégrée dans le résultat imposable de la société, qui perd ainsi l’avantage fiscal sur la part excédentaire. La limite applicable aux exercices clos au 31 décembre 2025 est de 4,55 %.

Un associé non-gérant peut-il avoir un compte courant rémunéré ?

Oui. Les règles de déductibilité de l’article 39-1 3° du CGI s’appliquent à tout associé, qu’il soit gérant ou non, dès lors que le capital social est entièrement libéré.

Comment est comptabilisé le compte courant d’associé ?

Le CCA est enregistré au compte 455 « Associés — Comptes courants » dans le plan comptable général. Les intérêts courus sont provisionnés à la clôture de l’exercice et traités comme des charges financières déductibles dans la limite du taux de référence.

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