Airbnb et meublé de tourisme : la fiscalité 2026 après la loi Le Meur
Depuis les recettes perçues en 2025 (déclaration en 2026), les règles fiscales applicables aux loueurs Airbnb ont radicalement changé. Le meublé de tourisme non classé est désormais plafonné à 15 000 € de recettes annuelles pour bénéficier du régime micro-BIC, avec un abattement réduit à 30 %. Le meublé de tourisme classé, lui, conserve un seuil de 77 700 € et un abattement de 50 %. Ces modifications résultent de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, applicable dès le 1er janvier 2025.
Mis à jour le 25 août 2026 par le cabinet Istari Conseil — sources : impots.gouv.fr et Légifrance, loi 2024-1039 art. 7.
Loi Le Meur : ce qui change pour les loueurs de meublés de tourisme
Adoptée en novembre 2024, la loi Le Meur (loi n° 2024-1039) a profondément remanié la fiscalité des locations meublées de courte durée. L’objectif affiché du législateur : réduire l’avantage fiscal qui incitait les propriétaires à privilégier Airbnb au détriment du marché locatif résidentiel de longue durée.
Concrètement, la loi distingue deux catégories de meublés de tourisme :
- Le meublé de tourisme classé : logement ayant obtenu un classement officiel (1 à 5 étoiles) délivré par un organisme accrédité. Les gîtes classés et les hôtels de plein air classés relèvent également de cette catégorie.
- Le meublé de tourisme non classé : toute location de courte durée sans classement officiel, dont la quasi-totalité des annonces Airbnb, Booking ou Abritel standards.
Le changement le plus impactant concerne le meublé non classé : le seuil du régime micro-BIC passe de 77 700 € à 15 000 € par an, et l’abattement forfaitaire chute de 71 % à 30 %.
Ces nouvelles règles s’appliquent aux recettes perçues à compter du 1er janvier 2025, donc déclarées pour la première fois au printemps 2026.
Tableau comparatif avant/après loi Le Meur
| Catégorie | Ancien seuil micro-BIC | Nouveau seuil micro-BIC | Abattement |
|---|---|---|---|
| Meublé classique (longue durée) | 77 700 € | 77 700 € (inchangé) | 50 % |
| Meublé de tourisme classé | 188 700 € | 77 700 € | 50 % |
| Meublé de tourisme non classé (Airbnb standard) | 77 700 € | 15 000 € | 30 % |
Source : loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, art. 7 — applicable sur les recettes 2025.
Meublé de tourisme classé : quelles conditions ?
Le classement « meublé de tourisme » est une démarche volontaire encadrée par le Code du tourisme. Il suppose une demande auprès d’un organisme accrédité par le Comité français d’accréditation (Cofrac), une visite de contrôle et l’attribution d’une étoile de 1 à 5.
Les critères d’évaluation portent notamment sur :
- La superficie et l’équipement du logement ;
- La qualité des équipements de cuisine, de couchage et de salle de bains ;
- Les services proposés (connexion internet, linge de maison, etc.) ;
- Les conditions d’accueil et d’information du voyageur.
Du point de vue fiscal, le meublé de tourisme classé conserve après la loi Le Meur un régime favorable :
- Seuil micro-BIC : 77 700 € de recettes annuelles ;
- Abattement forfaitaire : 50 % sur les recettes brutes ;
Le classement représente donc un vrai levier fiscal en 2026 : il ouvre l’accès au seuil de 77 700 € là où l’absence de classement plafonne à 15 000 €.
Meublé de tourisme non classé (Airbnb standard) : le nouveau régime
La grande majorité des propriétaires qui louent via Airbnb, Booking ou des plateformes équivalentes sans avoir effectué de démarche de classement sont concernés par le nouveau régime le plus restrictif.
Depuis les recettes de 2025 :
- Seuil micro-BIC : 15 000 € de recettes annuelles brutes ;
- Abattement forfaitaire : 30 % sur ces recettes ;
- Revenu imposable au micro : 70 % des recettes brutes (avant application du barème de l’impôt sur le revenu).
En pratique, un propriétaire percevant 14 000 € de loyers Airbnb paiera l’impôt sur 14 000 € × 70 % = 9 800 €, auxquels s’applique sa tranche marginale d’imposition. S’il dépasse 15 000 €, même d’un euro, il bascule intégralement au régime réel pour l’ensemble des recettes de l’année.
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Affiliation sociale obligatoire au-delà de 23 000 €
La fiscalité (BIC) n’est qu’un volet de la réforme. L’autre enjeu concerne les cotisations sociales.
Pour les locations meublées de courte durée, le seuil d’affiliation au régime social des travailleurs indépendants est fixé à 23 000 € de recettes annuelles brutes. Au-delà de ce seuil, l’activité est considérée comme professionnelle au sens social.
Cette règle s’applique indépendamment du régime fiscal retenu (micro-BIC ou réel) et de la nature du meublé (classé ou non classé). C’est le niveau des recettes brutes qui déclenche l’obligation.
Les conséquences pratiques sont importantes :
- Immatriculation obligatoire (numéro SIRET) ;
- Déclaration et paiement de cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales) ;
En revanche, en dessous de 23 000 € de recettes, les revenus de location meublée courte durée restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 % au titre des revenus du patrimoine.
Le cabinet Istari Conseil accompagne ses clients dans l’analyse de leur situation sociale et fiscale combinée. En savoir plus sur les cotisations sociales en LMNP.
Les autres volets de la loi Le Meur
La loi n° 2024-1039 ne se limite pas à la fiscalité. Elle comporte plusieurs volets touchant à la réglementation de la location de courte durée dans son ensemble.
Performance énergétique (DPE) : la loi Le Meur introduit des exigences de performance énergétique pour les meublés de tourisme. Les modalités d’application sont à vérifier directement auprès des autorités compétentes, les textes d’application étant susceptibles d’évoluer.
Autorisations communales : la loi renforce les pouvoirs des communes pour encadrer les locations de courte durée. Votre mairie peut imposer des conditions spécifiques — enregistrement, quotas, zones autorisées — indépendamment du régime fiscal applicable. Il est indispensable de vérifier la réglementation locale avant de mettre en location ou de modifier votre activité.
Pour approfondir la fiscalité LMNP dans son ensemble : Guide complet de la fiscalité LMNP 2026 — et pour comprendre les conditions d’éligibilité au statut : Statut LMNP : conditions et critères d’accès.
Questions fréquentes
Depuis quand la loi Le Meur s’applique-t-elle ?
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, est applicable aux recettes perçues à compter du 1er janvier 2025. Les propriétaires déclarent ces revenus pour la première fois en 2026 (déclaration de revenus 2025). Les recettes perçues en 2024 relèvent encore de l’ancien régime.
Quelle est la différence entre meublé classé et non classé ?
Le meublé de tourisme classé a obtenu un classement officiel (1 à 5 étoiles) délivré par un organisme accrédité Cofrac. Il bénéficie d’un seuil micro-BIC de 77 700 € et d’un abattement de 50 %. Le meublé non classé — la quasi-totalité des annonces Airbnb standards — est désormais limité à 15 000 € de recettes annuelles pour le micro-BIC, avec un abattement de 30 % seulement.
Quel est le seuil pour l’affiliation sociale en location meublée de courte durée ?
L’affiliation au régime social des travailleurs indépendants devient obligatoire dès que les recettes annuelles brutes de location meublée courte durée dépassent 23 000 €. Ce seuil s’applique indépendamment du type de meublé (classé ou non) et du régime fiscal retenu (micro-BIC ou réel).
Les loueurs Airbnb sont-ils concernés par la loi Le Meur ?
Oui, et ils sont les premiers concernés. Sans classement officiel, un logement proposé sur Airbnb, Booking ou toute autre plateforme est automatiquement qualifié de meublé de tourisme non classé. Depuis les recettes de 2025, le seuil micro-BIC applicable est de 15 000 € avec un abattement de 30 % — contre 77 700 € et 71 % sous l’ancien régime.


